Mardi 15 février 2067 Gaëlle, « heureux sont les fêlés car ils laissent passer la lumière ! »
« Heureux sont les fêlés car ils laissent passer la lumière! ». Dimanche, je cherchais une image pour illustrer cette citation de Michel Audiard. J’ai fini par laisser tomber, me disant que je faisais confiance en la vie pour m’amener une fêlure. Ce matin en descendant l’escalier de mon bureau. J’avais éteint la lumière, seule une lucarne éclairait la pénombre et je suis tombé nez à nez face à mon cœur fêlé. Il était là devant moi inondé de lumière. Merci la vie! Je vous partage ma fêlure. C’est l'œuvre d’une collègue art thérapeute de Strasbourg en résonance à une de mes œuvres. Pour moi, ça a été la prise de conscience de mes propres fêlures. Merci à l’art thérapie!

Salut l’agora. Voilà, c’est moi, Gaëlle, alias « l’Ag ». Pour ceux et celles qui ne me remettent pas, c’est normal, je suis souvent cachée au grenier du « Palais des Arts ». Dans l’atelier qui est devenu ma maison. D’ailleurs je vous écris de là-haut, perchée comme un petit oiseau. Actuellement j’étudie l’œuvre d’une artiste devenue célèbre dans les années 2040, en Bretagne. Une Rennaise qui travaillait sur la fragilité, la beauté, la finesse de la nature, sa résilience et sa finitude. Et sur la poésie de l’infinie ! Et l’absurdité du travail tel qu’il était pratiqué à son époque. Par exemple, pendant trois ans, elle a trié des grains de sable. Une table, une lampe, une loupe, des soucoupes de verre. Une grande sobriété dans son installation. Un travail minutieux et interminable. Pour questionner les autres sur le pourquoi et le « à quoi bon ? » de l’aliénation de l’humanité. Imprégnée par son époque, elle a également travaillé le plâtre, pour créer mille et une silhouettes à partir de moulages de bouteilles en plastique. Terrible et magnifique vestige d’un temps passé. J’aime son travail à la fois comme témoin d’une époque de grande désolation mais aussi son espièglerie que je voyais comme porteuse d’espoir. L’art et la poésie sont de beaux moyens de transport pour les idées. Heureux sont les fêlés car ils laissent passer la lumière !

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