Vendredi 29 avril 2067: Maxime, Destruction de l’almanagora, le droit à l'oubli
Connaissez-vous l'impact carbone du stockage de vos données sur les réseux sociaux? Quel contrôle avez vous sur ces données? Facebook vous a-t-il déjà mis sous le nez un vieux poste sans que ce soit le bon moment. Personnellement, je soutiens l'émergence de cloud personnels permettant de mieux gérer l'historique de ses données et sa vie privée.

Mardi dernier, le 26 avril, Julie s’est plainte qu’on conserve son histoire de vol dans l’almanagora. Elle a réclamé le droit à l’oubli. En réaction, Marianne a proposé de détruire l’almanagora en fin d’année. Derrière, j'ai organisé une sollicitation d'avis car les réactions, suite à l'échange de mardi, ont fait beaucoup de bruits. 

Hier soir, j'ai amené ce sujet, au conseil d'agora hebdomadaire pour discuter du sujet. Doit-on détruire l'almanagora le 15 novembre prochain?

J'ai été voir l'historique des Almanagoras. On les a toutes sauf l'année 2040. D'après ce qu'on m'a dit, elle a disparu suite à un incendie dans un dôme. Vu la poussière sur certaines Almanagoras, elles ne semblent pas être très consultées.

Globalement, deux points de vue sont ressortis : Il y a ceux qui pensent que la vie est un chemin et qu'il est inutile de conserver des Almanagoras qu'on ne lira plus derrière. L'important, pour eux, est de vivre l'instant présent. Et, il y a ceux qui pensent qu'il est important de conserver notre histoire et de pouvoir aller piocher dedans pour se remémorer les bons moments de l'agora.

Les propositions ont fusé pour essayer de mettre tout le monde d'accord. Certaines ont été descendues en vol, d'autres ont fait mouche. Les premiers ont argué que le droit à l'oubli est dans la loi et que chacun a le droit de choisir. Sur ce point, les débats ont porté sur le fait que la justice conservait les jugements et que si Matthieu avait porté plainte pour vol, il y aurait beaucoup plus de traces.

D'autres ont parlé du devoir de mémoire pour les générations futures. j'ai noté un argument qui a scotché certains agoranautes: L’histoire est ce dont on se souvient, maintenant, du passé. Elle change selon les personnes avec le temps. L'histoire n'existe pas, elle est une vue de l'esprit, s'il n'y a pas de trace de cette histoire. Sans l'almanagora, il y a un risque que les souvenirs de 2067 soient faussés avec le temps. 

D'autres ont ressenti le besoin de pouvoir se remémorer du mouvement de 2067. L'Almanagora est plus qu'une histoire, c'est une trace du vécu. Les chapitres font écho entre eux dans le mouvement de vie de l'almanagora.

Certains ont cherché le consensus en proposant de ne les effacer qu'au bout d'un certain temps, 5 ans par exemple. D'autres plus malicieux ont souligné que même si nous détruisons l'almanagora, des gens pourront faire des copies.

D'autres pragmatiques ont proposé de supprimer les chapitres qui dérangent sur demande à la griotte.

Un moment, Matthieu a arrêté tout le monde. Ce qui est fait est fait, il faut assumer, Almanagora ou pas. Il semblait exaspéré, en colère et assez énervé. Il a partagé que pour lui le problème n'était pas le droit à l'oubli mais la nécessité pour Julie d'arrêter de voler et que si c'était trop dur, il fallait qu'elle se fasse aider. Julie a été sensible à ses arguments. Elle a décidé d'aller voir Pierre, le psychiatre de la ville d'à côté, pour se faire aider. 

Au bout du compte, la décision a été de conserver l'almanagora, de laisser la possibilité à quiconque de demander la destruction d'un chapitre, après échange avec la griotte.

Le conseil a fini par une belle célébration!!!!

Toute cette histoire a donné l'envie, à certains, d'aller découvrir les Almanagoras des années précédentes.

Jean-Christophe Léonard

Crédit photo Michal Jarmoluk


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